C'est toujours comme ça, hein. On se souvient du
premier baiser, arrivé au moment où l'on s'y attendait
le moins. On se souvient du deuxième, un peu
plus long, toujours aussi
surprenant. On se souvient de chaque
parole échangée, de chaque
moment passé avec
lui. Nos
souvenirs des soirées trop
alcoolisées se résument à ça. Ces détails restent les seuls que l'on retient. Et en y repensant, une
larme innocente coule le long de notre joue. C'est tellement plus
simple d'agir ou de communiquer lorsque l'on est
pas vraiment conscient. Les
baisers maladroits, les mots, le
goût de l'alcool, de la
weed... Au final c'est tout ce qui restera, en plus des
messages sur nos portables.
"C'est beau quand c'est innocent, l'amour. Mélangé à la débauche, à l'alcool et à la maladresse, c'est beau." Les jours qui suivent,
tu tournes en rond, tu
somnoles sur ton lit, tu bois du jus de fruit, mange du riz en salade. Et tout termine au fond
des toilettes,
recraché parce que ton corps n'arrivait pas à le garder. Il a dû
choisir. Il a dû
évacuer. Trop de
pensées, trop de
souvenirs, trop de
sentiments. Et au final
pas de place pour les ressources nutritives.
C'est l'infirmière qui me l'a dit, ça. On est
malade, en fait. On ne s'en rend
pas compte, ou bien on ne l'
accepte pas. Mais nos yeux qui
s'embuent, notre
coeur qui bat à la reception d'un message, notre
impatience qui nous
ronge, ce
manque... Ce ne sont que les
symptômes d'une maladie. La
maladie d'amour. Celle pour laquelle on n'a
jamais inventé de traitement...
"-Tu me manques. ___ -Toi aussi, tu sais."